Un président devrait agir comme ça

Je reviens sur le renoncement de François Hollande à briguer un second mandat.

 

Jeudi soir, vers 20h. Je suis calé dans mon fauteuil, en train d’écrire un article sur La Plume Libre. Soudain, je reçois une notification de l’AFP Pro au travers d’Eugénie Bastié, journaliste pour Le Figaro. La nouvelle fait rapidement le tour des réseaux sociaux, puis des médias, puis de l’Europe, puis du monde : Hollande ne sera pas candidat aux Présidentielles 2017.

Immédiatement, j’avertis mon pote Allan, à côté de moi. Puis un autre gars – que je connaissais pas – me demande ce qu’il se passe. Puis un autre, une autre… la nouvelle se propage dans la salle info comme une trainée de poudre. Beaucoup – tous ? – affichent un sourire plus ou moins grand. Personnellement, je bondis de joie. Pour plusieurs raisons, que je vais détailler ici.

La première, elle s’appelle le FN. Comme ce n’est pas du tout un parti auquel je m’identifie, je suis content de cette décision qui embrasse bien Marine et consorts. Eh oui, la présidente du parti d’extrême droite comptait sur la participation de Hollande aux Présidentielles pour pouvoir glaner des voix des indécis – elle a toujours aimé la technique « je m’amuse à dire du mal du chef d’État ». Cette non-participation va rééquilibrer les débats – elle est même sûrement une bonne nouvelle pour la gauche française qui ne sera peut-être pas aussi ridicule en avril et en mai prochain. Ce n’est pas de l’optimisme, c’est une hypothèse qui est très probable… En effet, les Macron, Valls, Mélenchon, Jadot et autres vont pouvoir se concentrer sur leur campagne et arrêter de faire du « Hollande-bashing » – il est temps pour la gauche de trouver des mesures, des solutions, et d’arrêter de patiner et de ne fabriquer que du vide.

Secondement, et parce que dans tout discours politique il y a une décision stratégique, cette décision me plaît parce qu’elle divise la gauche. Je n’ose pas dire le socialisme parce que Jaurès et consorts, dans les années 1940, c’était vraiment du socialisme et je pense que s’ils étaient encore vivants, ils seraient en profond désaccord avec Hollande et toute sa clique – de Belkacem à Valls en passant par Rossignol et Cazeneuve. La gauche est donc divisée et, comme un éternel recommencement, elle ne sait plus ni sur qui rejeter la faute ni quoi faire pour se recycler. Entre couacs gouvernementaux et désaccords de fond, je ne peux être plus objectif qu’en disant que cette gauche là court à la catastrophe dans 6 mois. Certains de mes amis de gauche qui liront ce billet ne seront certainement pas d’accord avec moi sur tout, mais personne ne pourra affirmer qu’Hollande a respecté son programme – et encore moins qu’il a été populaire ou qu’il a été un leader.
Cette gauche qui se divise est donc une bonne nouvelle pour la droite – la vraie droite. Pas ceux qui votent extrême droite et pas ceux qui retournent leur veste du jour au lendemain en allant voir vers Macron. Ceux de droite qui pensent que, en France et en 2016, il est encore possible d’affirmer ses valeurs, d’être libéral, éthique, de penser à soi mais pas trop, d’être ouvert mais pas dans l’excès – l’Europe est une très bonne chose pour nous, même si Hollande n’a pas du tout contribué à son amélioration – et de respecter chacun tout en mettant les mots sur les choses, même quand elles sont difficiles à dire.

Mercredi soir, une très bonne amie m’a demandé pourquoi j’étais de droite et si je croyais toujours en la gauche.

Ma réponse, c’est en partie ce que je vous livre dans cet article. La droite a ses défauts, le système n’est pas parfait, mais la droite est le meilleur moyen de relever une France comme ça – on a bien vu au cours de l’histoire que la France est un pays de droite. J’y reviendrais dans un prochain article.

Ces divisions internes à la gauche sont donc la meilleure chance pour la droite en 2017, Hollande posant un bien vaste piège à son premier ministre Manuel Valls. Stratégie politique oui, mais un discours tout de même historique – je l’ai bien senti dans la salle info ce jeudi soir. L’ambiance n’était pas la même. Il régnait dans la salle une atmosphère lourde. Certains appelleront ça de la tension, moi, j’appelle ça l’Histoire.

François Hollande a découvert, jeudi 1er décembre 2016, vers 20h10, qu’il était en réalité chef d’un état – et d’un état puissant. Sa voix, blanche, presque émue, le trahit. Il n’a jamais eu l’âme d’un président, encore moins d’un chef. Arrivé ici par une corrélation de plusieurs choses, il n’a jamais été vraiment choisi. Il a subi. Il nous a fait subir une catastrophe économique, sécuritaire, politique, diplomatique pendant 5 ans. D’aucuns s’accordent à le dire. Il a été nul – pire que Sarkozy. Mais, contrairement à ce dernier, il n’a pas forcé. C’est une décision stratégique avant tout, certes. Mais cela demande beaucoup d’humilité et de courage – il a préféré sortir par cette porte plutôt que d’être humilié en 2017 aux primaires. Cela a été sa meilleure décision de son quinquennat. Alors, on pourra toujours dire qu’un président ne devrait pas dire ça. Mais un président devrait agir comme ça.

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