La paix, cette bonne vieille utopie

La paix, on cherche tous à l’obtenir. Mais parfois, on se contredit nous-mêmes. Et on se bat pour. Mais, quand elle est là, cherche-t-on vraiment par tous les moyens de la garder ?

 

Vendredi sera nominé le lauréat du Prix Nobel de la Paix (NPP, en anglais). Un des favoris est l’organisation médicale « Les Casques Blancs« , qui se revendique comme impartiale et sans parti pris. Chaque jour, chaque nuit, ces hommes et ces femmes partent à la recherche de survivants lors des bombardements de plus en plus fréquents du régime et des Russes, notamment à Alep. Pour eux, « sauver une vie, c’est sauver l’humanité ». Ils sont nominés pour leur courage, leur abnégation. Pas parce qu’ils contribuent à la paix. Mais parce qu’ils se battent pour la paix. D’ailleurs, cette antithèse, qui m’est venue machinalement, révèle bien notre état actuel. On n’entretient plus la paix, on se bat pour l’avoir. Et souvent, c’est par les armes qu’elle s’obtient.

 

Un contre-exemple fabuleux a été donné hier par la Colombie, qui avait pourtant signé, à Cuba, un accord historique pour la paix, mettant fin à une guerre civile de 52 ans qui a fait plus de 260 000 morts et 45 000 disparus. Hier soir, à la déception du monde entier, le peuple a choisi la rancoeur : le « non » l’a emporté à 50,2 % des voix. La question qui m’est venue est : la paix arrive enfin, par les mots, et ces personnes décident de laisser gagner la haine… ?

 

De l’autre côté du globe, chez nous, en France, se tenait hier une messe à Saint-Etienne-du-Rouvray, la paroisse mortellement touchée par deux terroristes islamiques le 26 juillet dernier, qui avaient égorgé le Père Hamel. La procédure de béatification va être accélérée, a affirmé le Pape François. Et l’archevêque de Rouen de dire : « ils n’ont pas tué les chrétiens, ils n’ont pas tué l’amour ».

 

A côté de chez nous, en Allemagne, ce lundi était marqué par l’anniversaire de la réunification et donc, de la Paix. Après une moitié de siècle sanglant – une guerre mondiale, très chaud, et l’autre, qualifiée de froide – l’Allemagne est devenue, à partir de ces années 1990, une puissance économiquement, politiquement et socialement de renommée mondiale, devenant la troisième puissance mondiale en 2011 et la première en Europe depuis 2008. 

Mais cet anniversaire fut froid, triste. Déjà parce qu’en octobre, il fait pas très très beau, outre-Rhin. Et surtout parce que l’Allemagne est marquée par une série d’événements qui donnent l’alerte sur ce que va être la paix dans les années qui vont suivre. Les migrants, qui aujourd’hui sont en partie responsables de la hausse de la criminalité au pays de Goethe. Les attentats – le mois de juillet a sans doute été un des plus sombres de l’histoire récente du pays, avec deux attentats revendiqués par l’EI et trois autres où il s’agissait de « loups solitaires » (fusillade à Munich ou l’attaque à la machette à Reutlingen). Mais aussi, à l’inverse, la hausse du populisme – l’AfD a infligé à Merkel des pertes symboliques, passant même deuxième dans le Land pourtant historiquement de gauche, le Mecklembourg-Vorpommern. L’AfD (Alternative für Deutschland, c’est a dire « une Alternative pour l’Allemagne »), ce parti populiste, une sorte de FN à l’Allemande, qui gagne ainsi des sièges et grimpe en popularité, faisant craindre pour les élections présidentielles de février 2017, qui s’annoncent ultra bouillantes.

Ce petit tour du globe, non exhaustif (vous pouvez participer en laissant un commentaire !) ne laisse présager rien de bon. Au contraire, il accumule les nuages à l’horizon.
Parce que l’humain, bien qu’aspirant a la paix, ne fait pas tout pour la rechercher ou même pour la garder. La Colombie en est une preuve suffisante, je pense. Nous sommes dans un monde individualisé, individualiste, où la consommation est poussée à outrance. Au fond, on y aspire, mais, quand on y est, l’appétit de l’argent et du pouvoir reprend le dessus. Pas besoin d’être météorologue ou devin. L’orage qui, en tout cas par certains, est largement sous-estimé, va nous tomber dessus sans que l’on comprenne rien. À ce moment là, nos fameux ancêtres Gaulois pourront dire : « Le ciel leur est tombé sur la tête »

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